vendredi 29 février 2008

Conseils de Quartier du 13è (article dans LA CROIX)

Une ville, une idée
La pédagogie des conseils de quartier parisiens

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l'avait promis. La démocratie locale serait au centre de sa gestion et elle devait passer par la participation des habitants dans les conseils de quartier. Cette ardente obligation, le maire adjoint du 13e arrondissement, Jean-François Pellissier, l'a appliquée, non sans mal et beaucoup de désillusions, dans le 13e arrondissement de Paris, 180000 habitants.

Au départ, c'était donc une bonne idée. A l'arrivée une vraie avancée.Entre les deux, pendant les sept années de mandat, les élus pétris de bonnes intentions, comme l'était Pellissier, en ont bavé. Ils en sortent lessivés, mais persuadés qu'il faut poursuivre l'expérience. Le même Pellissier, délégué à la vie associative et à la démocratie participative, se réjouit du financement d'études et de contre-expertises sur des projets municipaux: « Cela a une vertu pédagogique très, importante, car ce sont les habitants qui les prennent en charge, ce qui permet une vraie concertation sur les projets. »

Il raconte comment ont été mis en place les huit conseils de quartier de l'arrondissement, répartis en trois collèges. Avec d'abord un collège politique composé de militants désignés par leur parti, y compris de la minorité municipale. Un collège de personnalités associatives, culturelles, commerçantes, nommées par le maire en accord avec les associations. Un troisième collège tiré au sort, la moitié sur la liste électorale, l'autre moitié sur une liste de volontaires.

Il y a eu, au moins au début, une forte participation, mais une tentative d'instrumentalisation de ces conseils de quartier par les groupes politiques. En vain.

Dans ce 13e arrondissement, le conseil de quartier a un budget de fonctionnement de 3200 € et un budget d'investissement de 8200 €. Il peut éditer son journal, dispose d'un site Internet et des panneaux d'expression libre.

Au début, note encore Jean-François Pellissier, il y a eu un vrai enthousiasme, même si «les élus ont souvent eu du mal à partager le pouvoir et à reconnaître chez les habitants une compétence d'usage et une représentativité de la parole collective». Au final le bilan reste mitigé avec un point faible : la participation des jeunes et des non-communautaires, qui n'ont pas trouvé leur place dans le dispositif.

«Il y a des points très positifs. La participation des habitants reste importante et on est parti de projets très terre à terre pour arriver à une maturité importante des conseils de quartier», se félicite Jean-François Pellissier.

DOMINIQUE GERBAUD

Date de parution : 27.02.2008 © LA CROIX


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